
Comment faire sécher ses fleurs pour faire un herbier ?
Il m’en aura fallu des essais, des tentatives et des échecs pour arriver à cette technique de pressage.
Aussi c’est un petit trésor que je vous livre aujourd’hui !
La cueillette
Le moment de la cueillette est important, l’ennemi numéro 1 de la fleur à faire sécher étant l’humidité. Choisissez donc un jour à distance d’un jour de pluie et un moment sec de la journée (éviter la rosée du matin et la fraicheur du soir).
Assurez-vous de ne pas cueillir des espèces protégées. Pour ce faire, quand je rencontre un spécimen que je ne connais pas, j’utilise l’application Plantnet, pour scanner les végétaux.
Collectez les fleurs dans un panier pour éviter de les écraser, avant d’aller les presser très rapidement.
Enfin, cueillez les fleurs avec parcimonie, surtout les sauvages. Choisissiez un lieu où elles sont abondantes et bien sûr, laissez les bulbes et les racines en terre.
Quelles fleurs cueillir ?
Plus la fleur est épaisse, plus elle est difficile à faire sécher. Aussi, privilégiez les fleurs déjà plates (hortensias, boutons d’or, pâquerettes, fleurs de carotte sauvage…) ou les fleurs pouvant être pressées pétale à pétale (roses, pivoines…).
Les feuilles sont également très faciles à faire sécher et ajoute une touche végétale à vos compositions.

Comment évoluent les couleurs ?
Les fleurs gardent plus ou moins bien leur couleur.
Le pavot de Californie par exemple, avec son orange flashy, ne garde pas du tout sa couleur.
La plupart des couleurs ont tendance à foncer en séchant : le rouge vire au bordeaux, le rose vire au violet… Le jaune est souvent bien conservé.
Les fleurs blanches ont une fâcheuse tendance à brunir. Aussi, essayez de choisir des fleurs blanches peu épaisses (pâquerettes, fleurs de carotte…)
Quel matériel pour presser des fleurs ?
"Le millefeuille" dans une presse ou sous de gros livres
La meilleure solution est de créer un "millefeuille" composé de couches de :
- Carton ondulé, qui permet de faire circuler l’air
- 4 à 5 feuilles de papier journal ou papier 80g basique (évitez le papier glacé), pour absorber l’humidité
- les fleurs à plat
- A nouveau 4 à 5 feuilles de papier
- A nouveau du carton ondulé
Et répéter l'opération avec toutes vos fleurs.
Il vous suffira ensuite d’insérer ce millefeuille dans une presse à fleurs ou de déposer de gros livres type encyclopédie et d’attendre que les fleurs sèchent.
Si ce sont des fleurs épaisses, blanches ou à forte valeur sentimentale, je vous recommande de changer les papiers au bout de 3 jours, pour retirer l'humidité et éviter que les fleurs ne brunissent.

Le carnet de cueillette
Quand on est en balade, difficile d’avoir sa presse sous la main.
Je prends alors un carnet de cueillette, qui se referme avec un élastique, pour cueillir quelques fleurs pas trop humides. Tout comme le livre, je laisse plusieurs pages entre chaque planche de fleurs pour permette à l’humidité de s’évacuer. (Inconvénient du livre : cela l'abime)

Des petits ciseaux et une pince
Les petits ciseaux permettent de couper les fleurs à ras de la tige.
La pince vous permet ensuite de manipuler les fleurs fragiles et de les mettre dans la position souhaitée. Je presse la plupart de mes fleurs à plat, face contre le papier. Mais vous pouvez aussi les mettre de profil et garder la tige. Tout disposition est définitive : une fois la fleur pressée, vous ne pourrez plus la changer.

Comment positionner les fleurs ?
Nous allons différencier 3 types de fleurs.
Les toutes petites fleurs en bouquet / grappe
Les petites fleurs en bouquet de type gypsophile ou mimosa peuvent se mettre à sécher en petit bouquet / petits branches. Mettre les petits bouquets de profil sur le papier et recouvrir.
Les fleurs "plates" et les feuilles
Certains fleurs telles que les hortensias (une fois les fleurs découpées une à une), les pensées, les pâquerettes, etc. sont déjà plates et se pressent très bien, face contre le papier.
Idem pour les feuilles d'arbre.
Les "grosses" fleurs
Les fleurs de type rose, pivoine, gerberas, lisianthus, œillets, etc. sont trop épaisses pour être pressées sans être décomposées. Ainsi je les décompose pétale à pétale, que je place sur le papier.
Combien de temps faire sécher les fleurs ?
Cela varie selon l’épaisseur de la fleur et l’humidité qu’elle contient.
Des fleurs sauvages déjà bien plates telles les boutons d’or ou les pâquerettes sècheront en 2 semaines. Pour certaines fleurs plus humides telle la rose, cela pourra prendre 4 à 6 semaines.
Pour vérifier qu’une fleur est bien sèche, posez votre doigt dessus. S’il adhère, c’est qu’elle n’est pas encore sèche.
Et n’hésitez pas à noter la date et l’espèce que vous avez cueillie au moment de la mise sous presse.
Sortir les fleurs de la presse et les stocker
C’est une opération longue car les fleurs adhèrent souvent au papier. Il faut alors les décoller en appuyant dessus avec son doigt ou avec une pince de type pince à timbre (ou à épiler si vous n’avez pas).
Si le séchage n’a pas marché comme vous voulez, ne vous découragez surtout pas et essayer de comprendre ce qui n’a pas marché : fleur trop épaisse, pas assez de papier, moment de la cueillette non propice… C’est en persévérant que vous maitriserez cet art !
Vous pouvez alors ranger les fleurs à plat dans des enveloppes ou dans des boites en plastique de type boites à vis que vous prendrez garde de recouvrir d’un tissu foncé si elles sont transparentes et prennent les rayons du soleil.

Vous êtes désormais prêt pour réaliser votre premier herbier fleuri.
Si vous voulez plus d’informations, n’hésitez pas à participer à l’un de mes ateliers où je vous apprends à presser les fleurs, les sortir de la presse et composer un herbier !
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